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Bois mortPortraits d'espècesLa salamandre tachetée

La salamandre tachetée (Salamandra salamandra)

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Qui a vu une fois la salamandre tachetée, n’oublie pas de sitôt cette vision. En Europe centrale, l’urodèle jaune et noir, avec sa peau luisante dotée de glandes et sa démarche résolue, atteint la taille considérable de 14 à 17 cm, dépassant même parfois les 20 cm. En Suisse, on retrouve deux sous-espèces séparées géographiquement l’une de l’autre.

Dans le nord du pays vit la salamandre tachetée à bandes (Salamandra salamandra terrestris). Son dos arbore deux lignes jaunes longitudinales, souvent interrompues à quelques endroits. La salamandre tachetée de la sous-espèce méridionale (Salamandra salamandra salamandra) vit quant à elle dans le sud de la Suisse. Elle se reconnait à son motif irrégulier dénué de toute bande dorsale continue.

 

Espèce similaire

La salamandre noire(Salamandra atra) est toute noire et légèrement plus petite que son espèce sœur. Elle colonise principalement les régions à haute altitude du versant nord des Alpes et de certaines parties des Grisons. Elle se rencontre jusqu’à 2000 m d’altitude.

 

Répartition et habitat

La salamandre tachetée colonise de vastes parties d’Europe centrale et d’Europe du Sud. Elle est absente de Grande-Bretagne, de Scandinavie, et des anciennes républiques soviétiques. Les Alpes marquent la limite entre les deux sous-espèces indigènes. Au nord, la salamandre tachetée est répartie de façon discontinue et se concentre surtout entre 500 et 700 m d’altitude (exceptionnellement jusqu’à 1400 m). On la retrouve nettement plus souvent au Tessin et dans les vallées du sud des Grisons que dans le nord (densité des individus), et sur les versants entre 200 et 1600 m d’altitude.

Les salamandres tachetées sont tributaires d’un environnement humide. Elles privilégient les forêts de feuillus humides avec une grande quantité de bois mort à terre, qui leur offre refuge, abri et humidité, accueillant aussi nombre de leurs proies. L’urodèle peut aussi s’éloigner à plus d’un kilomètre de la forêt s’il trouve des cours d’eau et des endroits où se cacher. On le rencontre également dans les zones d’habitation, les descentes de cave ou les sauts de loup. Dans tous les habitats, les cachettes humides et fraîches sont déterminantes pour cette espèce, qu’elles se situent dans la rhizosphère des arbres, sous du bois mort, dans la roche et les fentes des murs, sous les feuilles mortes, ou encore dans les constructions des petits mammifères et sous les grandes dalles de pierre.

 

Biologie

La salamandre tachetée est surtout nocturne. Par temps pluvieux, après une longue sécheresse, on l’aperçoit aussi en plein jour. Dans la journée, elle se cache le plus souvent dans les fissures rocheuses, les cavités, les constructions des petits mammifères, les fentes des murs ou sous le bois mort. Ces cachettes sont aussi fréquemment utilisées comme quartier d’hivernage si elles sont humides et à l’abri du gel. La nuit, les salamandres tachetées partent à la chasse d’invertébrés comme les limaces, cloportes, vers de terre, araignées, coléoptères tendres ou autres insectes.

La vie d’une salamandre tachetée se déroule principalement sur terre ferme. C’est seulement pour déposer les larves (ovoviviparité) que la femelle recherche des cours d’eau, privilégiant des ruisseaux forestiers frais, pauvres en substances nutritives et riches en oxygène, mais aussi des collecteurs d’eau de source à ciel ouvert et des petits plans d’eau. Les larves demeurent dans les zones de faible courant riches en abris.

Les salamandres tachetées peuvent vivre très longtemps. En liberté, certains individus de plus de 20 ans ont été retrouvés; en captivité, on en connaît même de plus de 50 ans! Lorsqu’elles se sentent menacées, les salamandres tachetées se défendent en émettant des sécrétions cutanées toxiques. Celles-ci sont inoffensives pour l’homme, même si quelque irritation apparaît après contact avec les muqueuses.

Menace et protection

L’urodèle jaune et noir est avant tout menacé par la destruction des forêts de feuillus et leur transformation en monocultures d’épicéas. S’y ajoutent la pollution des cours d’eau ou le repeuplement par les poissons, causes toujours actuelles du recul des populations. Sans oublier la route, responsable d’un nombre élevé de victimes.

Comment promouvoir les salamandres tachetées?

  • Laisser à terre les morceaux de bois mort de grandes dimensions dans les forêts de feuillus, en particulier le long des ruisseaux.
  • Ne pas introduire de poissons dans les cours d’eau qui en sont dépourvus.

Conseil pour l’observation

C’est dans l’obscurité, par temps humide, que ces animaux nocturnes à la vie discrète se remarquent le mieux. L’observation des larves est nettement plus aisée, celles-ci se distinguant des larves de triton ponctué par la présence de taches jaunes sur les cuisses. On les aperçoit dans des ruisseaux forestiers et de petits cours d’eau, la plupart du temps aux endroits à faible courant.

Si vous observez des salamandres tachetées, merci de signaler votre découverte auprès du Centre suisse de cartographie de la faune (CSCF).

 

 

Pour en savoir plus