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La quantité de bois mort a augmenté dans les forêts suisses

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Le volume de bois mort présent dans les forêts de production européennes est globalement très faible :

En France, il ne dépasse que très rarement 5m3/ha. 75% des forêts françaises ne possèdent aucun bois mort et 90% en possèdent moins de 5m3/ha. A titre comparatif, les forêts «vierges» européennes en contiennent entre 60 et 120 m3 (localement les valeurs peuvent être nettement plus élevées, mais également plus basses, en raison de l’hétérogénéité de la ressource). Voici un tableau présentant les volumes moyens de bois mort dans les forêts de production de quelques pays européens (source : Vallauri et al. 2003, modifié) :

Volume de bois
mort (m3/ha)
Belgique 3.3 Moyenne régionale (Wallonie)
Allemagne 1 à 3 Moyenne régionale (Bavière)
Finlande 2-10 Moyenne forêts de production
France 2.2 Moyenne nationale
France 6.7 Maximum départemental (Savoie)
Suède 6.1 Moyenne nationale
Suède 12.8 Moyenne régionale du Nord
Suissevoir texte ci-dessous  

En Suisse, les quantités de bois mort varient énormément d’une région à l’autre. Ces variations sont liées à la diversité des paysages et de l’utilisation du sol. Elles sont cependant généralement nettement supérieures aux quantités européennes.

 

Quantités de vieux arbres et de bois mort dans les forêts Suisse

L’intérêt croissant que suscite le bois énergie peut laisser craindre une nouvelle diminution des quantités de vieux arbres et de bois mort dans nos forêts. C’est l’une des raisons qui fait que l’on doit rester vigilant et gérer cette ressource avec toute l’attention nécessaire.

 

L’intensité de l’exploitation est dépendante de l’accessibilité de la ressource et du type de forêt. C’est sur le plateau que l’on trouve les quantités les plus faibles. Les valeurs s’échelonnent de 10 m3/ha à 17 m3/ha. Ces valeurs sont encourageantes si l’on pense que la quantité moyenne pour la même région n’était que de 5 m3/ha dans les années 90 (deuxième inventaire forestier national, IFN2 – 1992-1995).

Dans les Alpes, les quantités sont nettement plus importantes. Les valeurs dépassent fréquemment les 20 m3/ha et dans la partie nord des Alpes, on a mesuré jusqu’à 44 m3/ha de bois mort. Là encore les quantités ont nettement augmenté en 10 ans. Elles figurent parmi les plus élevées à l’échelle européenne et s’expliquent par une proportion importante de forêts difficiles d’accès.

D’après le troisième inventaire forestier national, la quantité moyenne de bois mort en Suisse atteint 18,5 m3/ha (Brändli et Abegg 2009), dont 8,0 m3/ha d’arbres morts sur pied (chandelles). En considérant, le bois mort dont l’essence n’a pas pu être déterminée, il résulte un volume de 21,5 m3/ha. A cela viennent s’ajouter les résidus de coupe, les arbres couchés de moins de 12 cm de diamètre ainsi que les branches. En considérant la quantité totale de bois mort à partir de 7 cm de diamètre, nous atteignons une moyenne nationale de 32,8 m3/ha.

 
Quantité de bois mort en Suisse
(dont debout, avec bris de houppier)
(dont debout, sans bris de houppier)
18,5 m3/ha
(10,8 m3/ha)
(  8,0 m3/ha)
Volume de bois mort en Suisse
(Diamètre inférieur 12 cm, sans les résidus de coupe ni les branches)
21,5m3/ha
Quantité de bois mort en Suisse
(à partir de 7 cm de diamètre, y compris les résidus de coupe et les branches)
32,8 m3/ha

Bien que ces valeurs moyennes soient parmi les plus élevées d’Europe, les différences régionales sont considérables. Pour la conservation des espèces saproxyliques, non seulement la quantité mais aussi la répartition géographique du bois mort joue un rôle primordial. Suite à l’ouragan Lothar, les grandes quantités de bois mort se concentrent généralement dans les régions dévastées et restent faibles dans régions épargnées (forêts du Jura neuchâtelois).

 

Sur le plateau suisse, les forêts exploitées manquent de vieux arbres

Pour assurer un continuum biologique et la présence de bois mort à long terme, il est primordial que les différentes classes d’âges et de taille d’arbres, ainsi que les diverses phases de décomposition du bois mort cohabitent. De telles forêts offrent un habitat favorable à nombre d’oiseaux, de chauve-souris et de petits mammifères.

En forêt naturelle, les stades de maturité et de sénescence des peuplements sont fréquemment majoritaires. La situation est bien différente en forêt exploitée car le cycle y est raccourci par l’exploitation ; à titre d’exemple, sur le plateau suisse, la durée de révolution (délai écoulé entre le semis et la coupe) en futaie régulière dépasse généralement à peine la moitié de l’espérance de vie de la forêt naturelle.

 

Diverses essences auraient naturellement une grande longévité. Les arbres qui atteignent la voûte forestière peuvent atteindre plusieurs centaines d’années. Les plus vieux chênes peuvent dépasser les 500 ans, les plus vieux pins sylvestres, épicéas et mélèzes les 300 ans. >>Pour en savoir plus de l'âge biologique des arbres

D’un point de vue écologique, il résulte un déficit en vieux arbres dans certaines régions en conséquence de l’exploitation. La carte ci-dessous, issue du second inventaire forestier national (IFN2 – 1993-1995), présente les pourcentages de peuplements de plus de 160 ans dans les différentes régions de Suisse. Sur le plateau, ce type de peuplement est peu présent, voire inexistant. La situation est nettement plus favorable dans l’arc alpin.

Principalement à cause des différences d’altitude et de continentalité, les essences et les espèces saproxyliques présentes dans les Alpes ne sont pas les mêmes que celles que l’on rencontre sur le plateau ; c’est la raison pour laquelle il est important de conserver des vieux arbres et du bois mort dans les différentes régions de Suisse et de ne pas se baser sur une simple moyenne nationale.

«Plus c’est gros, mieux c’est»

De nombreuses espèces saproxyliques montrent une nette préférence pour les vieux arbres et les arbres morts de gros diamètre. En Suisse, c’est le cas pour le pic qui visite prioritairement les gros arbres. Cette relation a également été observée pour les champignons, les lichens et les mousses. Il parait logique que le pic noir nécessite d’arbres d’un certain diamètre pour y creuser sa cavité et y pondre ses œufs. Nous seulement la quantité absolue du bois mort est donc importante, mais aussi et surtout sa dimension. pour en savoir plus

En Suisse, la situation s’est nettement améliorée depuis 2 décennies : Le troisième inventaire fédéral (IFN3) a montré que le nombre de géants (arbres avec un DHP supérieur à 80 cm) a presque doublé entre la période 1983-1985 (IFN1) et la période 2004-2006 (IFN3), soit en 20 ans. Aujourd’hui et à l’échelle européenne, la Suisse possède la plus forte proportion de forêts âgées de plus de 120 ans (23%).

 

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