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Les pourritures du bois: la pourriture brune, la pourriture blanche et la pourriture molle

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Le bois est constitué à plus de 90% de cellulose, d’hémicellulose et de lignine. Selon la substance qui se dégrade en premier, on distingue trois formes de pourritures du bois: la pourriture brune, la pourriture blanche et la pourriture molle. Chacun de ces types de pourritures est causé par plusieurs champignons spécifiques, car les champignons décomposeurs du bois se spécialisent sur des substances bien définies.

 

La pourriture brune

La pourriture brune est aussi appelée pourriture cubique. Elle est causée par des champignons spécialisés dans la dégradation de la cellulose et de l’hémicellulose. Elle détruit la structure du bois. A un stade avancé de la pourriture, le bois perd une grande partie de sa densité brute et de sa résistance à la traction et à la flexion. La lignine restante, plus ou moins modifiée, donne alors au bois décomposé sa couleur brune foncée, car une grande part de la lignine brune subsiste, alors que la cellulose claire est détruite.

En séchant, la masse de la lignine se réduit et des fentes transversales et parallèles aux fibres se forment dans le bois. Cette décomposition en petits cubes est caractéristique de la pourriture brune, d'où son nom de pourriture cubique (fig. 1). En phase terminale, le bois tombe en poussière entre les doigts.

La pourriture brune peut se former aussi bien sur les arbres vivants que dans le bois mort, par exemple dans le bois transformé. Elle attaque principalement les résineux. Les espèces fongiques à l’origine de la pourriture brune sont le polypore officinal (Laricifomes officinalis), le polypore marginé ou amadouvier des pins (Fomitopsis pinicola), le polypore souffré (Laetiporus sulphureus), la fistuline hépatique (Fistulina hepatica), le polypore blanchâtre (Spongiporus stipticus) et bien d’autres espèces encore.

 

La pourriture blanche (pourriture fibreuse)

La pourriture blanche dégrade la cellulose, l’hémicellulose et tout particulièrement la lignine. La décomposition évolue diversement. Soit le champignon dégrade d’abord uniquement ou spécialement la lignine, soit il s’attaque dans une même mesure à la lignine et à la cellulose. Dans ce cas, la quantité de ces deux groupes de substances reste proportionnellement égale. Selon l’ordre dans lequel le champignon agit, on distingue deux types de pourritures blanches.

  1. La pourriture blanche simultanée (pourriture corrosive)
    La pourriture simultanée dégrade la lignine, l’hémicellulose et la cellulose presque en même temps et en parts égales. Au début, le bois devient cassant, ce qui augmente le risque de la «rupture fragile» soudaine. Ensuite le bois devient fibreux et dur. Sous l’effet de ruptures fragiles, la pourriture simultanée occasionne des dommages semblables à ceux de la pourriture brune.
  2. Pourriture blanche sélective (pourriture successive, délignification sélective)
    La pourriture blanche sélective commence par dégrader la lignine en particulier, mais aussi l’hémicellulose. Comme il ne reste pratiquement que la cellulose gris blanchâtre, le bois s’allège et se décolore (fig. 2). La structure fibreuse et molle du bois, dans le sens de la longueur, est également typique. En phase terminale, le bois est spongieux. Il garde largement sa structure, contrairement au bois atteint de pourriture brune. On trouve parfois des morceaux de bois ponctués de taches blanches entourées de bois «sain» (fig. 3). En raison de cet aspect, la délignification sélective est appelée pourriture blanche alvéolaire ou pourriture alvéolaire.

La pourriture blanche atteint généralement l’arbre vivant, mais aussi le bois stocké à l’état humide et le bois de construction. Elle attaque principalement les feuillus et nécessite un certain degré d’humidité du bois pour arriver à se développer. Les champignons de la pourriture blanche les plus répandus sont entre autres les tramètes (Trametes et Daedaleopsis), les polypores (Phellinus), les amadouviers (Fomes) ainsi que la plupart des xylariacées (Xylariaceae)

 

Différence entre pourriture brune/pourriture blanche

Si l’on presse entre ses doigts du bois atteint de pourriture brune, il n’en reste qu’une fine poudre brune. Mais en cas de pourriture blanche, le bois ne peut pas être pulvérisé, il reste fibreux.

 

Les bleuissements

Les bleuissements ne sont pas des pourritures du bois. Ils ne sont pas dus à des saprophytes destructeurs du bois, mais en général à des champignons qui colorent le bois (champignons du bleuissement). A part l’aspect qu’ils confèrent au bois, ils n’ont pas d’autres répercussions sur les qualités physiques du bois. Cependant, les bleuissements peuvent entraîner une perte de la valeur marchande.

 

La pourriture rouge

La pourriture rouge (pourriture des racines) est à mettre au compte des pourritures blanches en raison de sa chimie. Là aussi, la lignine est la première partie du bois qui se dégrade. Sa couleur claire à l’origine est recouverte par une autre réaction colorée. Ce type de pourriture se manifeste sur l’arbre vivant. Le nom de «pourriture rouge» désigne la couleur rougeâtre qui accompagne les atteintes du bois. La pourriture rouge est l’une des principales maladies des résineux d’Europe, notamment de l’épicéa. Elle est déclenchée par l’armillaire (Armillaria) ou la maladie du rond des pins due à l'amadouvier ancien (Heterobasidion annosum) entre autres.

 

La pourriture molle

La pourriture molle apparaît généralement sur les bois constamment exposés à une humidité élevée. Les pathogènes de la pourriture molle sont capables de dégrader le bois même dans des conditions extrêmes, comme une forte saturation en eau accompagnée d’une faible teneur en oxygène. Elle met en danger les bois qui sont transformés ou stockés en plein air. Le risque de contamination est nettement accentué par le contact direct avec le sol (p. ex. les pieux et les poteaux en bois). La pourriture molle ressemble à la pourriture brune car elle détruit principalement les composants de la cellulose et relativement peu la lignine.

La pourriture molle se développe toujours à partir de la surface et pénètre peu profondément dans le bois. La surface du bois contaminé est visqueuse et de couleur foncée (grisage) à l’état humide. Le bois semble être décomposé et tendre; on peut facilement l’enfoncer avec l’ongle. Lorsqu’elle est desséchée, la surface du bois se découpe en petits cubes, semblables à la décomposition cubique due à la pourriture brune. Mais sa structure est beaucoup plus fine et ne se trouve souvent qu’à proximité immédiate de la surface.

De nombreux champignons peuvent engendrer la pourriture molle, par exemple la fistuline hépatique (Fistulina hepatica), le polypore géant (Meripilus giganteus), le polypore hérissé (Inonotus hispidus) ou divers champignons imparfaits (Deuteromycetes).

Plusieurs types de pourritures sur un même bois

Divers types de pourritures peuvent se trouver en même temps ou successivement sur un même bois. La progression de la décomposition naturelle du bois est souvent l’œuvre de diverses espèces fongiques et de différentes formes de pourriture qui interviennent simultanément ou successivement.